Liquidités : 430 milliards d'euros dorment sur les comptes à vue des Français

Liquidités : 430 milliards d’euros dorment sur les comptes à vue des Français

Un gâchis important ! Non seulement, les Français perdent de l’argent en laissant dormir leurs liquidités (l’inflation grignotant le capital), mais ces premiers ne profitent même pas des opportunités proposées par quelques banques de placer à bon compte, du 3% brut par exemple chez Monabanq, Hello Bank, My Money Bank, BforBank actuellement...

430 milliards d’euros sans la moindre rémunération, avec un taux d’[a[inflation]a] annuel de 0.70%, ce sont donc pas moins de 3 milliards d’euros que les Français vont perdre cette année, en valeur, en ne faisant rien. La réduction de 5€ des APL fait un scandale, mais 3 milliards d’euros qui partent en fumée, personne ne réagit...

Des liquidités sur les comptes à vue de plus en plus importantes

La Banque de France constate, dans sa dernière publication du tableau de bord de l’épargne et du patrimoine des ménages, que depuis le début d’année 2017, pas moins de 25 milliards d’euros sont venus grossir le solde des comptes courant des Français. Le total des liquidités dormantes s’élève ainsi à 429,2 milliards d’euros.

Les Français sont-ils réellement fâchés avec la gestion de leurs finances personnelles ? Si le rationnel n’est pas toujours au rendez-vous (affectivité sur le livret A, collecte irrationnelle sur les SCPI, endettement en crédit immobilier...), une chose est certaine, la faiblesse des taux a un impact psychologique sur la gestion des liquidités des Français. De la pure psychologie... Car lorsque les taux d’intérêts étaient à plus de 3%, l’inflation était à 2.80% ! Net d’inflation les rendements réels des livrets épargne n’étaient que de 0.20% ! Tiens, tout comme aujourd’hui.

Les Français laissent toujours dormir leurs économies sur leurs comptes courants. À la fin mars, près de 429,2 milliards d’euros dormaient sur les comptes courants des ménages français, contre 414,4 milliards à la fin de 2016. Sur le premier semestre de 2017, les flux vers les dépôts à vue ont atteint 25 milliards d’euros, selon le dernier tableau de bord de l’épargne et du patrimoine des ménages de la Banque de France. Certes, les dépôts des ménages sur les comptes courants ont ralenti au deuxième trimestre, retombant à 5,9 milliards d’euros, contre 19,1 milliards au premier trimestre. Mais sur l’ensemble du premier semestre de l’année, les placements sur les comptes courants ont été deux fois supérieurs à ceux comptabilisés sur les livrets d’épargne et comptes épargne logement ([a[CEL]a]), qui ont capté 12,5 milliards d’euros.

10.500€ par compte dorment tranquillement...

Si l’on considère que 40 millions de Français ne gèrent pas leurs liquidités, la capital endormi serait ainsi de 10.500€ par compte courant. Que peut-on faire avec 10.500€, en les plaçant, sans aucun risque, tout en restant très disponible (ie, pour le [a[fonds en euros]a], oubliez, très disponible, veut dire le lendemain sur le compte courant).

Aujourd’hui, on assiste pourtant à un paradoxe sur le [a[Livret A]a]. Depuis le début de l’année, ce placement engrange des dépôts de plus en plus nombreux. Et pourtant, ce livret est loin d’être une bonne affaire, puisque son rendement réel est toujours proche du zéro absolu, quand il n’est pas négatif, certains mois.

Mais c’est toujours mieux que rien ! Lutter contre l’inflation est toujours mieux que de ne rien faire et de laisser son argent dormir sur son compte courant. C’est le banquier qui est content, puisqu’il fait alors travailler votre argent à votre place.

Taux d’épargne en France de 14%, c’est un signe d’incertitude...

Alors que de l’autre côté des Pyrénées, le taux d’épargne des ménages n’est que de 7%, et celui d’Outre-Manche que de 4%, les Français sont des fourmis. Seuls les Allemands, peu enclins aux crédits, à l’inverse des Français, épargnent autant. La différence étant que pour l’achat de leur bien immobilier, ils ont bien moins recours au crédit immobilier que les Français.